Déportation durant la Seconde Guerre Mondiale: Des étoiles dans la nuit

Hier, dimanche 28 avril 2013, c’était la journée du souvenir de la déportation, journée commémorative instaurée depuis 1954 (pour la déportation ayant eu lieu pendant la Seconde Guerre Mondiale).

Quel sujet délicat par excellence. Néanmoins, nous nous devons d’aborder ce sujet avec nos enfants pour ne pas oublier. Nous n’oublierons pas. Nos enfants n’oublieront pas. Nos petits-enfants n’oublieront pas. Etc. Transmettre pour que le passé nous aident à nous comporter dignement en humains responsables des humains qui nous entourent.

Cet article est typiquement un article qui est destiné aux adultes pour qu’ils puissent partager avec les enfants, mais pas pour une lecture directe par les enfants. Enfants sur les genoux, enfants autour de nous pour discuter, j’espère que ce texte aborde le sujet avec un niveau de langage et de détails qui est approprié pour les jeunes à partir du CM1.

Suivra un autre article destiné aux plus grands qui donnera plus de définitions, de faits, de chiffres sur la déportation, les différents types de camps ainsi que ce que représente la déportation par rapport à la Shoah.

 

Etat nazi: La nuit de l’obscurantisme s’abat sur l’Allemagne puis l’Europe

Dans l’histoire du XXème, il y a en particulier un épisode très noir, très triste: l’arrivée au pouvoir des Nazis en Allemagne en 1933 et une guerre sanguinaire de 1939 à 1945 qui a ravagé l’Europe et a entraîné dans la tourmente l’Amérique du Nord, le Japon et plein d’autres pays en Asie.

Ce fût une période singulièrement sombre car les populations civiles ont été impliquées directement par ce conflit. En fait, avant même de rentrer en guerre l’état nazi a mis en place une politique carcérale (d’emprisonnement) extrêmement dure et arbitraire contre toute personne qui s’oppose à leurs idées ou qui appartient à un des mouvements politiques considérés ennemis (communisme et socialisme en particulier). L’état nazi instaure aussi des mesures discriminatoires contre les Juifs, les Tsiganes (appelés plus souvent Roms de nos jours), les Témoins de Jéhovah (religion), les homosexuels et les handicapés. On empêche ces communautés de pouvoir vivre comme les autres. On va traiter toutes ces personnes comme des sous-hommes. Tout va être mis en place pour se débarasser d’eux.

La déportation: Isoler, tenir sous silence, exploiter et assassiner

Dans ce contexte violent, les autorités nazis vont arrêter toutes ces personnes qui les dérangent, et les déplacer dans des camps d’emprisonnement sans aucune forme de jugement digne de ce nom. Le déplacement dans ces camps est ce qu’on appelle la déportation. En éloignant les détenus, en gardant même secret les lieux d’internement, on minimise les risques de réaction de la population. Dans ces camps, les conditions sont atroces. L’objectif est l’anéantissement de ces personnes, les tuer par le travail, par les conditions de vie, les mauvais traitements ou encore, les tuer directement à leur arrivée.

Difficile de savoir combien de personnes sont mortes en déportation à travers toute l’Europe vu l’ampleur globale du désastre de la guerre. On dépasse certainement les 4 millions morts en déportation seulement (c’est-à-dire dans les camps), incluant une large majorité de Juifs.

La déportation en France

Comment la France en particulier a-t-elle été impliquée dans la déportation pendant la Seconde Guerre Mondiale? Il faut vraiment accompagner l’enfant qui regarde cette vidéo car pendant les premières minutes, il y a un entrelacement entre plusieurs histoires, celle des camps de réfugiés espagnols (après la victoire de Franco) et celles de deux familles juives qui ont fui la Hongrie et l’Autriche, et l’enchaînement des images peut semer une certaine confusion. Malgré tout, l’enquête menée par les enfants d’une classe d’une école primaire de la région de Toulouse pour comprendre ce qu’il est advenu à un élève en 1941-42 est un cas pédagogique très intéressant.

Sauver des vies: être humain et voir l’humain en l’autre

Les circonstances terribles agissent comme des miroirs déformants qui peuvent révéler le pire mais aussi le meilleur de nous-mêmes. Aussi, autour d’un sujet aussi dramatique, il est bon de montrer que nous pouvons tous être des acteurs positifs de l’histoire et de donner des exemples qui peuvent servir de modèle. Evidemment, il y a les héros, ceux qui ont par exemple été reconnus officiellement comme Justes parmi les nations. Et il y a tous les anonymes, ceux dont l’histoire n’a pas nécessairement retenu le nom, mais qui grâce à des petits gestes d’entraide au quotidien, grâce tout simplement à leur silence face aux autorités ont protégé ceux qui étaient la cible de la déportation. Les grands et les petits héros du quotidien ont sauvé des vies.

A Moissac, dans le sud-ouest de la France, 500 enfants juifs n’ont pas été déportés grâce à la lutte acharnée de certains pour protéger ces enfants, et grâce au soutien généralisé de la population locale dont au moins le silence a été salvateur. Rendons hommage à Moissac!

Merci à Moissac, ville de Justes oubliée d’avoir partagé ce passage de son histoire.

Application dans le quotidien de nos enfants

Alors, quelle leçon tirer de tout cela? Si nous nous indignons contre la déportation, que pouvons-nous faire passer à nos enfants qui les aidera à être des citoyens humains et forts si des circonstances comparables venaient à se reproduire?

Et bien à leur échelle, j’ai pensé que leur apprendre à s’insurger contre le “bullying” (le harcèlement ou acharnement physique ou moral envers certains enfants qui peut être développé à l’école ou d’autres lieux) dont certains de leurs camarades de classe peuvent souffrir serait un bon exemple d’application. Un enfant souffre, est stigmatisé, mis à part par certains caïds. Il faut être solidaire de l’enfant (même si ce n’est pas un copain proche), se regrouper pour refuser la violence physique et morale du ou des caïds, et surtout rompre le silence.

D’autres idées?

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